ComicsDiscovery

ComicsDiscovery

ComicsDiscovery , le podcast qui vous fait découvrir le monde des comics

James & Faye

Toutes les semaines l'équipe de ComicsDiscovery commente les dernières news comics et vous fait découvrir un titre. De Dc à Marvel en passant par les indépendants, le podcast permet aux débutants et aux passionnés d'échanger et de faire des découvertes.


Soutenir ce podcast Soutenir ce podcast
En cours de lecture

Avant Scott Pilgrim : À la dérive, le premier comics de Brian Lee O’Malley | ComicsDiscovery S10E13

Avant d’organiser des tournois d’ex maléfiques, Brian Lee O’Malley faisait dans le road trip introspectif.

Cette semaine, nous discutons de À la dérive, le tout premier comics de l’auteur de Scott Pilgrim, publié pour la première fois en français chez Hi Comics.

À la dérive de Brian Lee O’Malley

Une introspection sur quatre roues

Le récit met en lumière Raleigh, une jeune femme perdue dans ses pensées et sa vie. Elle part en road trip avec trois connaissances, sans but particulier. Rapidement, ce voyage devient une métaphore de son propre chemin de pensée. À la dérive n’est pas un récit d’action, ni une comédie romantique ; c’est une plongée dans un malaise poignant et universel.

Ce qui frappe dès les premières pages, c’est la manière dont O’Malley transforme l’invisible en visible. La solitude, le vide intérieur, le manque de repères, l’hésitation constante entre ce qu’on désire et ce qu’on n’ose pas faire. Ces émotions sont transmises par les regards, les silences, le paysage étiré qui défile comme un miroir de l’esprit de Raleigh.

Plus qu’un road trip

Plutôt que de raconter une histoire pleine d’événements, À la dérive installe une atmosphère et laisse le lecteur ressentir plutôt que simplement suivre une intrigue. Le style graphique, déjà marqué par l’influence du manga et une narration cinétique, capte parfaitement ce sentiment de flottement.

Les personnages secondaires ne sont pas simplement des accompagnateurs ; ils deviennent des miroirs ou des obstacles pour comprendre qui est réellement Raleigh et ce qu’elle fuit ou cherche.

Ce roman graphique traite avec délicatesse de thèmes comme :

    "
  • la crise d’identité et la difficulté à se reconnaître soi-même,
  • la solitude malgré les autres,
  • le besoin de sens à un âge où les repères s’effritent,
  • la fragilité des émotions et leur traduction visuelle.

C’est un livre qui ne t’en met pas plein la vue, mais qui te touche précisément parce qu’il ne prétend rien cacher.

Un avant-goût de la voix d’O’Malley

Pour ceux qui ne connaissent O’Malley que via Scott Pilgrim, À la dérive peut sembler plus subtil, presque fragile. Et pourtant, on y retrouve déjà sa manière d’explorer la vulnérabilité humaine avec humour et sensibilité.

Ce n’est pas une BD « punchy », mais une expérience de lecture où l’on ressent davantage qu’on ne comprend, et c’est précisément ce qui fait sa force.

Si tu es sensible aux récits introspectifs, aux road trips philosophiques ou aux BD qui abordent l’âme humaine sans artifices, À la dérive est une œuvre qui mérite d’être connue.

Dans cet épisode, nous accueillons un nouveau membre dans l’équipe ComicsDiscovery : Cecil, auteur de bande dessinée et illustrateur. On espère que vous lui ferez un très bon accueil, et surtout, n’hésitez pas à aller faire un tour sur son compte Instagram pour découvrir son travail :

https://www.instagram.com/cecilbehar

Pour aller plus loin avec Hi Comics

Si À la dérive vous a donné envie d’explorer davantage le catalogue de Hi Comics, nous vous recommandons également trois épisodes de ComicsDiscovery consacrés à des titres marquants de l’éditeur :


Trois lectures très différentes, mais qui illustrent parfaitement la diversité et la richesse éditoriale du catalogue Hi Comics.


Le mot de la fin

Merci à toutes et tous de nous avoir suivis pour cet épisode de ComicsDiscovery consacré à À la dérive de Brian Lee O’Malley.
Un grand merci également à Cecil, qui rejoint l’équipe à l’occasion de cet épisode. On espère que vous lui réserverez un bel accueil et que vous irez découvrir son travail d’auteur de BD et d’illustrateur.

On se retrouve très vite pour de nouvelles découvertes comics.

Retrouvez nos chroniqueurs


Suivez-nous sur les réseaux sociaux


Écoutez nos podcasts


Pour nous soutenir

Si vous appréciez notre travail et souhaitez soutenir une équipe passionnée par la bande dessinée, les comics et la pop culture, vous pouvez nous aider via
Tipeee_

En cours de lecture

L’Absolute à ne pas rater ? ComicsDiscovery S10E12 : Absolute Martian Manhunter

Après vous avoir parlé de la sainte Trinité de DC Comics avec Batman, Superman et Wonder Woman dans une précédente émission, on s’intéresse cette fois au Martien vert préféré de l’éditeur.
Absolute Martian Manhunter, écrit par Deniz Camp et dessiné par Javier Rodriguez, arrive en France chez Urban Comics et s’impose comme l’un des nouveaux titres du label Absolute piloté par Scott Snyder.

Est ce que ce nouvel Absolute est le titre à ne pas rater chez DC Comics ? On vous en parle dans cet épisode de ComicsDiscovery.

Absolute Martian Manhunter de Deniz Camp et Javier Rodriguez

Un invité venu d’ailleurs

Pour parler des aventures d’un extraterrestre, il nous en fallait bien un autre. Nous avons eu la joie d’accueillir Dr Salience, vidéaste qui aborde les comics avec une approche très personnelle. Vous pouvez retrouver sa chaîne YouTube ici :
https://www.youtube.com/channel/UClAxorfXj27uDj9NZXu8rBg

Si vous en avez assez des vidéos critiques classiques tournées devant une bibliothèque Billy remplie de figurines Pop, son univers décalé et son humour singulier devraient vous séduire. Nous vous invitons à découvrir son travail et à vous abonner si le cœur vous en dit pour le soutenir.

Découvrons le limier martien

Martian Manhunter, aussi connu sous le nom de J’onn J’onzz, est l’un des personnages majeurs de DC Comics. Pourtant, en France, le personnage reste relativement discret, en dehors de ses apparitions dans les séries animées, notamment la célèbre Super Justice League qui l’a révélé à toute une génération.
Chez Urban Comics, seuls deux titres lui ont été consacrés en solo, Absolute Martian Manhunter étant la seconde publication centrée sur le Martien. On l’a surtout découvert dans des récits d’équipe, dont le superbe New Frontier de Darwyn Cooke où il occupe un rôle clé.
Cette rare présence éditoriale rend d’autant plus excitante la sortie d’un récit entièrement dédié au personnage.

Créé en 1955 par Joseph Samachson et Joe Certa, Martian Manhunter appartient aux grandes figures de l’âge d’argent de DC Comics. J’onn J’onzz est souvent considéré comme l’âme de la Justice League, un héros profondément empathique, traumatisé par la disparition de son peuple.
Sa personnalité mêle sagesse, mélancolie et sens du devoir, ce qui le distingue des autres membres de l’équipe.
Ses pouvoirs variés, qui vont de la télépathie à la métamorphose en passant par la super force et l’intangibilité, en font l’un des héros les plus puissants de l’univers DC.
Cette importance, bien reconnue aux États Unis, explique l’attente autour d’un récit qui lui redonne enfin toute sa place.

Une réinvention du personnage

Pour revisiter Martian Manhunter, Scott Snyder s’est entouré de deux auteurs particulièrement inspirés.
Deniz Camp s’est fait connaître avec des récits ambitieux comme 20th Century Men, où il explore déjà des thèmes humains, politiques et intimes.
Javier Rodriguez apporte quant à lui une identité visuelle forte, grâce à son style expressif et ses compositions inventives aperçues dans Daredevil, Spider Woman ou The History of the Marvel Universe.
Ensemble, ils donnent à ce titre Absolute une personnalité très marquée.

Dans Absolute Martian Manhunter, Deniz Camp propose une interprétation originale en jouant sur la relation entre J’onn J’onzz et son identité humaine, l’agent du FBI John Jones.
Le Martien est ici présenté comme une présence presque parasitaire dans l’esprit de l’agent, une conscience qui influence sa perception du monde.
Cette idée rappelle par certains aspects la dynamique d’un Venom, mais avec une approche bien plus psychologique.
Ce choix renforce les thèmes du récit, qui explore l’identité, la mémoire et la difficulté de trouver sa place.
Le dessin de Javier Rodriguez accompagne parfaitement cette vision grâce à un jeu de couleurs expressif qui matérialise les émotions ressenties par l’enquêteur et accentue le décalage entre ses deux natures.

Le titre à lire de la ligne Absolute ?

Si vous aimez les séries des Big Two qui flirtent avec l’esprit des comics indépendants, comme The Vision de Tom King et Gabriel Walta ou Moon Knight de Jeff Lemire et Greg Smallwood, vous allez adorer ce titre.
Absolute Martian Manhunter plonge au cœur de la psyché du dernier Martien et s’appuie sur une collaboration très réussie entre scénario et dessin.
Le travail sur la couleur donne au récit un rythme particulier et renforce l’immersion dans l’enquête.
Tout est pensé pour offrir un portrait complet du personnage et de son univers, tout en construisant un thriller haletant qui tient en haleine du début à la fin.

Comme le titre de l’émission le laisse entendre, on est clairement devant le titre à ne pas manquer dans la ligne Absolute.
Nous n’avons pas encore découvert le Flash, mais Absolute Martian Manhunter est déjà notre vrai coup de cœur de ce nouveau label DC.

Si vous avez apprécié notre discussion avec Dr Salience, n’hésitez pas à aller découvrir son univers directement sur sa chaîne YouTube.
Il propose des vidéos originales, décalées et très soignées autour des comics.
Vous pouvez le retrouver ici et vous abonner pour soutenir son travail :
https://www.youtube.com/channel/UClAxorfXj27uDj9NZXu8rBg

Vous aimez les récits qui réinventent les super héros ou les plongées dans des univers forts et singuliers ?

Voici quelques épisodes de ComicsDiscovery qui pourraient aussi vous plaire.

DC The New Frontier de Darwyn Cooke :
https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s07e30-dc-the-new-frontier/

Mister Miracle de Tom King et Mitch Gerads :
https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s07e08mr-miracle/

The Vision de Tom King et Gabriel Walta :
https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s07hsc-vision/

Le mot de la fin

Merci à tous et toutes de nous avoir suivi et merci à notre invité Salience. Nous sommes désolés pour l'attente , le mois de décembre nous a apporté une belle grippe. Prenez soin de vous et on se retrouve en Janvier pour de nouvelles découvertes.

Retrouvez nos chroniqueurs


Suivez-nous sur les réseaux sociaux


Écoutez nos podcasts


Pour nous soutenir

Si vous appréciez notre travail et souhaitez aider une équipe passionnée par la BD, vous pouvez nous soutenir sur
Tipeee.
Chaque contribution nous aide à continuer à partager notre passion pour la BD, les comics et la pop culture.


Rejoignez la communauté

Échangez avec d’autres passionnés sur notre serveur Discord :
Rejoindre le serveur


Découvrez nos autres productions

Retrouvez nos autres émissions, articles et vidéos sur notre site :
https://jamesetfaye.fr/

En cours de lecture

Quand Mark Russell fait pencher Gotham à gauche – ComicsDiscovery S10E11 : Batman Dark Age

Cette semaine, dans votre podcast BD favori, on vous propose de parler de Batman Dark Age, le récit qui revient sur comment Bruce Wayne, playboy mondain de Gotham, est devenu le Chevalier Noir qui fait régner la justice sur la ville.
On vous voit venir : encore une origin story ! Oui, mais cette fois, c’est Mark Russell à l’écriture, avec son style politisé, social et toujours un peu piquant. Il prend le God Damned Caped Crusader pour en faire une satire de l’Amérique.
Au dessin, on retrouve Mike Allred, toujours aussi pop et acidulé, un vrai régal visuel.
On vous en parle dans l’émission, et vous pouvez retrouver le comics chez Urban Comics.

Batman Dark Age, une fausse origin story classique

Dans Batman Dark Age, on suit le jeune Bruce Wayne, héritier de l’une des plus grandes familles de Gotham, dont la vie bascule le soir où ses parents sont assassinés sous ses yeux. Ce traumatisme le pousse à parcourir le monde pour apprendre les arts martiaux, la stratégie et la justice pour protéger sa ville devenue un nid de corruption et de crime. Une quête initiatique qui le mène à construire son identité de justicier masqué, symbole de…

Bon, ok. Oui. Je sais.
Vous avez déjà lu cette histoire mille fois, et vous pouvez sans doute la réciter avant même de finir cette phrase.

Et c’est là que Dark Age devient intéressant, parce que Mark Russell ne cherche pas à refaire l’origine de Batman, mais à s’en servir comme prétexte. Il revisite la légende avec une lecture politique et sociale acide.

Petite précision utile : Batman Dark Age est en quelque sorte un spin-off de Superman Lost Age, un autre titre où Mark Russell pose les bases de son univers. Nous, on n’a pas lu Superman Lost Age, mais visiblement, ça peut apporter un contexte supplémentaire. Rassurez-vous, Dark Age reste parfaitement compréhensible tout seul, même si les lecteurs de l’autre série y verront sans doute quelques clins d’œil en plus.

Deux auteurs atypiques dans l’industrie

Mark Russell s’est clairement fait une place à part dans le monde des comics. Il vient souvent là où on ne l’attend pas, que ce soit avec The Flintstones, Exit Stage Left : The Snagglepuss Chronicles ou, plus récemment, One-Star Squadron. Sa marque de fabrique, une écriture engagée, mais jamais pesante. Il aime prendre des personnages archi connus pour parler de l’Amérique, de ses contradictions et de ses absurdités. C’est son style, toujours un peu ironique, mais avec un vrai fond derrière, qui donne toute sa saveur à Dark Age.

Mike Allred, lui, est l’un des auteurs les plus reconnaissables du comics indépendant. Impossible de parler de sa carrière sans évoquer Madman, son personnage fétiche, qu’il a créé et développé avec Laura Allred aux couleurs. C’est un titre culte, tellement marqué par leur identité visuelle qu’on ne pourrait pas l’imaginer signé par quelqu’un d’autre. Leur travail commun a façonné tout ce qui fait le charme d’Allred aujourd’hui : les couleurs pop, les contours nets, l’énergie rétro et ce petit côté psychédélique.

On en avait déjà parlé dans l’émission, notamment quand on avait consacré un épisode au Silver Surfer de Dan Slott et Mike Allred dans la saison 3. Et oui, je le redis encore ici : c’est l’une des plus belles histoires d’amour de Marvel.
Sur Batman Dark Age, Allred garde cette même sincérité graphique tout en donnant un côté vintage, mais dynamique à la relecture de Mark Russell.

 

Le style pop d’Allred dans un Gotham sombre

Je n’aurais jamais parié sur Mike Allred pour un récit se déroulant dans l’univers sombre et gothique de Batman. Sur le papier, son style pop très années 70 semble loin du Dark Knight torturé qu’on connaît.
Et pourtant, ça fonctionne étonnamment bien. Par moments, on a presque l’impression de revoir un épisode de la série Batman 66 avec Adam West, avec ce mélange de kitsch assumé et d’énergie colorée.

Comme toujours, Allred est généreux. Ses planches débordent d’idées, son découpage est vivant, ses personnages ont ce charme rétro immédiat. Ce n’est pas du tout le grim and gritty God Damn Batman, mais ça apporte une vraie fraîcheur.
Et sur six numéros, ça passe très bien.

Pour aller plus loin dans Gotham

Vous aimez les récits de Batman ou les relectures originales de super-héros ?
Voici quelques épisodes de ComicsDiscovery qui pourraient aussi vous plaire :

Batman Curse of the White Knight de Sean Gordon Murphy :
https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s05e06curse-of-the-white-knight/

Batman & Robin de Peter Tomasi et Patrick Gleason :
https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s09e27-batman-robin/

Batman et Robin Dynamic Duo de Joshua Williamson et Simone Di Meo :
https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s08e29-batman-et-robin-dynamic-duo/

Le mot de la fin

Merci d’avoir exploré avec nous Batman Dark Age, la relecture pop et sociale de Mark Russell et Mike Allred, publiée chez Urban Comics.
Un récit qui revisite les origines du Chevalier Noir avec une approche plus politique, plus colorée et franchement rafraîchissante.
N’hésitez pas à nous dire ce que vous avez pensé de Batman Dark Age et à échanger avec d’autres passionnés de BD, comics et pop culture !

Retrouvez nos chroniqueurs


Suivez-nous sur les réseaux sociaux


Écoutez nos podcasts


Pour nous soutenir

Si vous appréciez notre travail et souhaitez aider une équipe passionnée par la BD, vous pouvez nous soutenir sur
Tipeee.
Chaque contribution nous aide à continuer à partager notre passion pour la BD, les comics et la pop culture.


Rejoignez la communauté

Échangez avec d’autres passionnés sur notre serveur Discord :
Rejoindre le serveur


Découvrez nos autres productions

Retrouvez nos autres émissions, articles et vidéos sur notre site :
https://jamesetfaye.fr/

En cours de lecture

Deux époques, un tueur, une seule héroïne – ComicsDiscovery S10E10 : 1949

Entre rêve et réalité, futur et passé, l’équipe de ComicsDiscovery part à la chasse au
serial killer dans 1949 de Dustin Weaver, publié chez
Delcourt. Ce polar nous entraîne aux côtés de la lieutenante Blank,
partagée entre deux vies séparées par deux siècles. Une enquête qui dépasse les frontières du temps,
un tueur insaisissable et une ambiance à mi-chemin entre film noir et science-fiction : on vous raconte
pourquoi ce titre intrigue autant qu’il surprend.

1949 de Dustin Weaver

Dustin Weaver est un artiste américain de bande dessinée, né le 3 octobre 1978 à
San Diego (Californie) et ayant grandi à Eagle River (Alaska). Il débute officiellement dans le milieu en 2003,
après un passage en tant que stagiaire au sein de WildStorm Studios. Au fil de sa carrière,
il a travaillé pour des éditeurs majeurs comme Dark Horse Comics, notamment sur la série
Star Wars: Knights of the Old Republic, puis pour Marvel Comics,
où il a collaboré à des récits autour des X-Men et à la première mini-série
S.H.I.E.L.D.: Architects of Forever. Weaver est aujourd’hui reconnu pour son trait détaillé,
ses compositions ambitieuses et sa capacité à naviguer entre science-fiction, polar
et récits d’action.

Une époque sombre et violente

Le lecteur suit l’agent Blank, chargée par le FBI de traquer un mystérieux
serial killer qui laisse derrière lui un étrange liquide sur chacune de ses victimes.
Dans cette partie du récit, Dustin Weaver plonge pleinement dans les codes du
polar classique : un noir et blanc élégant, des ruelles poisseuses, des flics véreux,
une héroïne forte, une violence jamais gratuite, mais toujours pesante. Le travail graphique de Weaver est superbe,
jouant avec les ombres et la lumière pour renforcer l’atmosphère oppressante.

Retour vers le futur

L’autre moitié de ce récit singulier nous projette dans un futur lointain, où l’héroïne semble
évoluer dans un corps robotique, presque déshumanisé. Cette partie du comics troque l’ambiance
polar pour une véritable quête identitaire : qui est-elle réellement ? Quel est son rôle dans ce monde
technologique et froid qui ne lui renvoie aucune trace de son passé ? À intervalles réguliers, elle est hantée par
l’apparition du visage d’une vieille femme, dont elle ne comprend ni le message ni l’intention. Weaver joue ici avec
l’abstraction, les ruptures de ton et une mise en scène plus sensorielle, qui tranche volontairement avec le noir et
blanc du passé.

Et on en a pensé quoi ?

Malgré des thématiques intéressantes et un pitch qui avait tout pour être alléchant,
Dustin Weaver peine malheureusement à nous accrocher pleinement à son récit.
Le lien entre les deux époques censées se répondre et se nourrir l’une l’autre reste flou, trop ténu pour créer
l’effet de révélation attendu. On sent clairement sa volonté de construire un récit à twist, à l’image de
L’Échelle de Jacob ou Angel Heart, mais la mécanique narrative ne
suit pas toujours, et on peine à comprendre où il souhaite nous emmener.

Heureusement, la partie graphique, elle, est absolument splendide. C’est clairement un
« comics de dessinateur » dans le meilleur sens du terme, et cela compense en grande partie les
faiblesses du scénario. Les deux époques ont chacune une identité visuelle marquée : un noir et blanc tranchant,
presque sale, pour le polar ; une esthétique futuriste plus claire, organique et
étrangement apaisante pour la partie futuriste. Weaver y démontre une maîtrise remarquable, entre les influences
visibles de Moebius pour la SF et celles de Frank Miller
pour la partie noire. Visuellement, c’est un véritable régal.

Reste que l’on se dit que le projet aurait peut-être gagné en force si
Dustin Weaver avait collaboré avec un·e scénariste. Son univers et son trait sont puissants,
mais un regard extérieur aurait sans doute permis d’ancrer davantage le récit et de renforcer les enjeux entre les deux
lignes temporelles.

Retrouvez 1949 dans toutes vos librairies indépendantes.
Soutenir les commerces de proximité est plus important que jamais.
Ainsi que sur le site de Delcourthttps://www.editions-delcourt.fr/comics/series/serie-1949/album-1949

Vous aimez les récits de SF ou les polars bien noirs ? Voici quelques épisodes de
ComicsDiscovery qui pourraient aussi vous plaire :

Torso de Brian Michael Bendis et Marc Andreyko :
http://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-torso-true-crime-bendis/

Silent Jenny de Matthieu Bablet :
https://jamesetfaye.fr/silent-jenny-matthieu-bablet-comicsdiscovery-s10e05/

Parker de Richard Stark et Darwyn Cooke :
https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s04e45-parker/

Le mot de la fin

Merci d’avoir exploré avec nous 1949, le récit temporel et déroutant de Dustin Weaver, publié chez Delcourt. Une histoire qui oscille entre polar noir et science-fiction, où passé et futur s’entremêlent pour créer une atmosphère unique.
Un grand merci à toute l’équipe de ComicsDiscovery pour leurs analyses et leur passion. Vos retours, vos messages et vos recommandations enrichissent chaque épisode et nourrissent notre amour pour la BD indépendante et les récits qui sortent des sentiers battus.
N’hésitez pas à nous dire ce que vous avez pensé de 1949 et à échanger avec d’autres passionnés de BD et pop culture !

Retrouvez nos chroniqueurs


Suivez-nous sur les réseaux sociaux


Écoutez nos podcasts


Pour nous soutenir

Si vous aimez notre travail et souhaitez aider une équipe passionnée par la BD, vous pouvez nous soutenir sur
Tipeee.
Chaque contribution nous aide à continuer à partager notre passion pour la BD, les comics et la pop culture.


Rejoignez la communauté

Échangez avec d’autres passionnés sur notre serveur Discord :
Rejoindre le serveur


Découvrez nos autres productions

Retrouvez nos autres émissions, articles et vidéos sur notre site :
https://jamesetfaye.fr/

En cours de lecture

Une discussion passionnée avec Aniss El Hamouri – ComicsDiscovery S10E09 : Ils brûlent

Cette semaine dans ComicsDiscovery, nous avons eu la chance de recevoir Aniss El Hamouri, l’auteur du bouleversant Ils brûlent, publié chez 6 Pieds Sous Terre.
Au fil d’une discussion passionnée, nous sommes revenus sur son parcours, ses débuts dans le fanzinat et sa manière unique d’aborder la bande dessinée.

Ils Brulent d’Aniss El Hamouri

Le premier tome avait été un énorme coup de cœur collectif pour l’équipe.
On lui avait même consacré un mini podcast sur Instagram pour partager notre enthousiasme à chaud.
C’était en juin 2023, avec Diane, Judas et moi (James). On y parlait de tout ce qui nous avait frappé dans cette lecture.
👉 Si vous ne l’avez pas encore vu, retrouvez ce format ici :
https://www.instagram.com/reel/CtwbhedJF-2/?igsh=MWVwbjVpNXpwbXI5ag==
Un peu plus d’un an plus tard, avec la sortie tant attendue du tome 2, l’envie de reparler de cette série s’est imposée comme une évidence.
Et comme on a la chance de bien connaître l’équipe de 6 Pieds Sous Terre, on s’est dit : “Et si on invitait carrément Aniss pour en discuter avec lui ?”
(D’ailleurs, grosse pensée à Zelda, qui devait être là mais a eu un empêchement ❤️).
Les éditions 6 Pieds Sous Terre, toujours partantes, ont accepté sans hésiter.
Résultat : une longue et passionnante discussion autour du parcours d’Aniss et de son œuvre.

Des débuts entre le Maroc et la Belgique

On a commencé l’émission par un petit entretien sur ses débuts.
Aniss nous a raconté avoir grandi à Rabat, au Maroc.
À l’époque, il ne pensait pas du tout faire de la bande dessinée, même s’il a toujours adoré dessiner.
En montant ensuite en Belgique pour ses études, il s’est vite lassé d’un cursus qui ne le passionnait pas.
Il a alors décidé de changer complètement de voie et d’intégrer l’école d’art de Liège.
C’est là qu’il a découvert le monde du fanzinat, une scène bouillonnante et libre où il a pu expérimenter sans contrainte.
Il a participé à plusieurs collectifs, testé, raconté, cherché son ton… jusqu’à ce que naisse sa voix d’auteur.
C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’est né Ils brûlent, d’abord autoédité en fanzine avant d’être repéré par 6 Pieds Sous Terre.

Retour avec Ongle, Pluie et Georgg

Avant d’aller plus loin, on est revenus sur le premier tome d’Ils brûlent pour replanter un peu le décor.
L’histoire nous plonge dans un monde médiéval dur et violent, où trois êtres en fuite cherchent leur place dans une société qui les rejette.
Il y a Ongle et Pluie, deux jeunes femmes marquées par la peur et la douleur, accusées de sorcellerie, et Georgg, un jeune homme qui croise leur route presque par hasard.
Tous trois fuient un inquisiteur impitoyable et un monde incapable d’accepter la différence.
Sous ses airs de récit de fuite, Ils brûlent parle surtout de trauma, de marginalité et de résilience.
Aniss El Hamouri utilise la dark fantasy pour évoquer des thèmes profondément humains :
comment se reconstruire quand tout brûle autour de soi ? Comment avancer quand ses cicatrices deviennent une identité ?
Pour analyser tout ça, Judas nous avait préparé une review à sa sauce, comme il sait si bien le faire.
Il a mis en avant la richesse du propos, la maîtrise du rythme et la puissance du dessin d’Aniss.
L’auteur travaille à l’encre de Chine, qu’il encre puis dilue comme une aquarelle pour créer ses teintes et ses nuances.
Cette technique donne à ses planches un rendu unique et immédiatement reconnaissable.
Ce style à la fois brut et poétique nous a totalement conquis.

Un second tome inattendu et marquant

Après avoir bien discuté du premier volume (sans spoiler, bien sûr), on est passés au tome 2.
C’est un album qu’on attendait avec impatience, et Aniss a réussi à nous surprendre complètement.
Ce nouveau récit reste ancré dans le même univers, mais rebat toutes les cartes.
Le groupe est désormais séparé, et l’histoire se déploie à travers trois arcs, chacun raconté du point de vue d’un personnage différent.
Ce choix narratif audacieux donne une nouvelle ampleur à l’univers et enrichit les relations entre Ongle, Pluie et Georgg.
Et malgré ce changement de ton et de structure, c’est encore un gros coup de cœur collectif pour toute l’équipe.
Chacun de nous a partagé ce qui l’avait touché : la force du découpage, la cohérence du monde, ou la manière dont Aniss bouscule ses lecteurs sans jamais les perdre.
Encore une fois, sans rien dévoiler, on ne peut que vous encourager à découvrir par vous-mêmes cet univers aussi rude que fascinant.

Un univers construit à l’instinct

Pour conclure, on a longuement échangé avec Aniss sur sa façon de créer.
Il travaille à l’instinct, sans plan fixe, laissant son univers se construire au fil des planches.
Les idées arrivent en dessinant, et le lore d’Ils brûlent se développe petit à petit, comme un immense château de cartes qu’il consolide à chaque nouveau détail.
Malgré cette approche organique, tout reste cohérent et vivant.
Aniss nous a aussi confié qu’il craignait, au début, de ne pas être pris au sérieux.
Mélanger une BD indépendante, intimiste et émotionnelle à un monde de dark fantasy pouvait dérouter.
Il ne voulait faire aucune concession, ni du côté de l’émotion ni du genre.
Mais le pari est réussi : les deux publics, celui de la BD d’auteur et celui de la fantasy, se sont retrouvés dans Ils brûlent.
Et c’est logique, car l’œuvre respire la passion et la sincérité d’un créateur qui aime profondément les deux univers.
La discussion avec Aniss a été un vrai plaisir.
C’est rare d’échanger avec un auteur aussi généreux, qui parle de son travail avec autant de clarté et de bienveillance.
Il a été d’une gentillesse et d’une patience exemplaires tout au long de l’émission.
Si vous le croisez en dédicace, foncez ! Vous passerez un moment passionnant et humain, à son image.
Encore un grand merci à 6 Pieds Sous Terre et à Zelda pour avoir rendu cette émission possible,
et surtout un immense merci à Aniss El Hamouri pour sa disponibilité et sa passion communicative.

Pour aller plus loin

Si, comme nous, vous aimez entendre des auteurs passionnés parler de leurs univers, découvrez aussi ces épisodes de ComicsDiscovery :
Perpendiculaire au soleil avec Valentine Cuny-Le Callet : https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s08summer-07-perpendiculaire-au-soleil/
Adieu mon royaume avec Marcel Shorjian : https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s09e05-adieu-mon-royaume/
A Short Story avec Run : https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s07e01-a-short-story-feat-run/
📚 Retrouvez Ils brûlent dans toutes vos librairies indépendantes et sur le site de 6 Pieds Sous Terre :
👉 https://6pieds-sous-terre.com/

Le mot de la fin

👉 Retrouvez-nous chaque semaine dans ComicsDiscovery pour parler de bande dessinée, de comics et d’auteurs passionnés qui font vivre le neuvième art.
Merci de nous avoir écoutés et d’être toujours plus nombreux à partager cette passion avec nous ❤️
N’hésitez pas à vous abonner sur votre appli de podcast préférée, à laisser un commentaire, et à nous mettre 5 étoiles sur iTunes ou Spotify — ça aide vraiment le podcast à se faire connaître et à continuer à parler de belles BD !

Retrouvez notre équipe


Suivez-nous sur les réseaux sociaux


Écoutez nos podcasts


Pour nous soutenir

Si vous aimez notre travail et souhaitez soutenir des créateurs passionnés par la bande dessinée et la pop culture, rendez-vous sur Tipeee. Chaque contribution aide l’émission à grandir et à continuer de partager la passion du comics et de la BD indépendante.


Rejoignez la communauté

Échangez avec d’autres fans sur notre serveur Discord : Rejoindre le serveur


Découvrez nos autres productions

Retrouvez nos autres émissions, articles et vidéos sur notre site : https://jamesetfaye.fr/