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James & Faye

Toutes les semaines l'équipe de ComicsDiscovery commente les dernières news comics et vous fait découvrir un titre. De Dc à Marvel en passant par les indépendants, le podcast permet aux débutants et aux passionnés d'échanger et de faire des découvertes.


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La BD du Label 619 qui ne ressemble à aucune autre | ComicsDiscovery S10E29 : Une fête sans fin

Amateurs de bande dessinée en quête d'étrangeté et d'émotions, bienvenue dans ce nouvel épisode de ComicsDiscovery. Aujourd'hui, nous nous intéressons à Une Fête sans fin, la nouvelle bande dessinée de Martin Robic publiée au Label 619 chez Rue de Sèvres. Pour l'occasion, nous avons eu le plaisir d'échanger avec son auteur afin de revenir sur la création de cette œuvre singulière.

Une Fête sans fin : Martin Robic signe une parenthèse poétique au Label 619

🎙️ Rencontre avec Martin Robic : de l'animation à la bande dessinée

Au cours de cette discussion, James revient avec Martin Robic sur son parcours d'auteur et son rapport à la création. Nourri par la bande dessinée comme par l'animation, il évoque les œuvres qui ont façonné son imaginaire et les méthodes qui l'accompagnent dans son travail d'écriture et de dessin.

Entre influences, anecdotes et réflexions sur son métier, l'auteur dévoile les coulisses de la création d'Une Fête sans fin et partage plusieurs de ses coups de cœur culturels. L'occasion également de revenir sur l'accompagnement dont il a bénéficié durant la réalisation de l'album, notamment grâce aux conseils de Guillaume Singelin.

🎭 Une Fête sans fin : une enquête au cœur d'un étrange festival

L'histoire suit Violette, une jeune femme en pleine période de doute. Lorsqu'elle accompagne son amie Dorothée pour réaliser un reportage sur la mystérieuse « Fête sans fin », elle se retrouve confrontée à un phénomène qui semble défier les lois du temps.

Que cache réellement cette célébration éternelle ? Pourquoi attire-t-elle autant de monde ? À mesure que l'enquête progresse, Violette s'enfonce dans un univers où la frontière entre rêve et réalité devient de plus en plus floue.

🎨 Un tournant pour le Label 619

Une Fête sans fin occupe également une place particulière dans l'histoire récente du Label 619. Alors que Run a longtemps incarné la direction éditoriale du label, cet album est le premier à être édité par Matthieu Bablet. Un changement qui se ressent dans l'approche de l'œuvre.

Sans renier l'identité du Label 619, Martin Robic propose un récit qui s'éloigne des registres les plus explosifs ou frontaux souvent associés au label. Ici, l'accent est mis sur les émotions, les questionnements intérieurs et la reconstruction personnelle. Cette sensibilité plus contemplative et intimiste apporte une nouvelle couleur à la collection et témoigne de sa capacité à explorer des univers très différents tout en conservant son exigence artistique.

✨ Une œuvre réconfortante entre rêve et mélancolie

Toute l'équipe de ComicsDiscovery est tombée sous le charme d'Une Fête sans fin. Martin Robic construit un récit délicat où l'onirisme côtoie des émotions très humaines. Les couleurs, les ambiances et la mise en scène participent à créer une expérience de lecture aussi douce qu'envoûtante.

Au-delà de son mystère, cette bande dessinée parle du doute, de la reconstruction et de notre capacité à retrouver de la lumière dans les moments difficiles. Une lecture qui invite à la contemplation et qui résonnera différemment selon le vécu de chacun.

Discuter de cette œuvre avec son auteur n'a fait que renforcer notre enthousiasme. Une Fête sans fin est le genre d'album qui se découvre autant avec le cœur qu'avec les yeux. Une lecture qui laisse une empreinte durable bien après avoir refermé la dernière page.

🚀 Écoutez notre rencontre avec Martin Robic

Dans cet épisode de ComicsDiscovery, découvrez les coulisses de la création d'Une Fête sans fin, les inspirations de Martin Robic, son parcours entre animation et bande dessinée, ainsi que notre analyse de cette œuvre marquante publiée au Label 619 chez Rue de Sèvres.

On se retrouve très vite pour découvrir d’autres bande dessinée et nos prochains avis.

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« Et si la préhistoire nous avait menti ? » | ComicsDiscovery S10E28 - Quand la femme était l’homme

Et si l’Histoire avait commencé par un malentendu ? Cette semaine dans ComicsDiscovery, on parle anthropologie, féminisme et place des femmes dans l’évolution humaine à travers Quand la femme était l’homme de Ulli Lust, publié chez Ça et Là. Une BD dense, passionnante qui démonte au passage plusieurs idées reçues sur la préhistoire. Et promis, on ne parlera pas trop de politique… enfin, vous savez déjà que c’est faux.

Quand la femme était l’homme

Une autrice PUNK

Ulli Lust est une autrice et illustratrice autrichienne née à Vienne en 1967. Figure importante de la bande dessinée indépendante européenne, elle se fait connaître grâce à ses récits autobiographiques mêlant regard intime, critique sociale . Très jeune, elle quitte l’Autriche pour voyager à travers l’Europe avant de s’installer à Berlin. Là-bas, elle participe activement à la scène underground et alternative. Depuis, son travail explore régulièrement la sexualité, la politique, les rapports de pouvoir et la manière dont on construit les récits historiques. Son album autobiographique Trop n’est pas assez (Heute ist der letzte Tag vom Rest deines Lebens) reçoit un important succès critique et plusieurs récompenses internationales. Avec Quand la femme était l’homme, Ulli Lust poursuit ce travail de recherche et de vulgarisation en s’intéressant cette fois aux biais sexistes qui influencent notre vision de la préhistoire.

La préhistoire comme vous ne l’avez jamais vue

Dans Quand la femme était l’homme, Ulli Lust livre une ambitieuse BD documentaire sur les origines de l’humanité. Pour cela, elle s’appuie sur des recherches en anthropologie, archéologie et histoire des sciences. Elle démonte ainsi de nombreuses idées reçues, notamment celles qui présentent les sociétés préhistoriques comme naturellement patriarcales. Mais surtout, l’autrice réussit à rendre ces sujets complexes vivants et accessibles grâce à un mélange de vulgarisation scientifique, d’humour et de mise en scène documentaire. Résultat : la lecture reste captivante malgré la richesse des informations abordées. Publié chez Ça et Là, l’album impressionne autant par son travail de recherche que par sa capacité à passionner son lecteur.

Un sujet beaucoup plus passionnant qu'on pourrait le croire

Malgré sa densité  et la quantité d’informations présentes à chaque page, Quand la femme était l’homme reste passionnant du début à la fin. Au fil des chapitres, la BD ouvre de nombreuses discussions autour de l’anthropologie, du féminisme, du rapport à la science ou encore de la transmission du savoir. Pourtant, Ulli Lust évite toujours le piège du cours magistral indigeste. Au contraire, elle donne constamment envie de poursuivre la réflexion après la lecture. Rarement une bande dessinée documentaire nous aura autant fait débattre autour d’un album. Pour nous, c’est clairement une BD d’utilité publique tant elle stimule la curiosité et l’esprit critique. Bref, on vous la recommande très, très fort.

Pour Allez plus loin

Vous aimez les BD qui questionnent notre rapport au monde, à l’Histoire et à la place de l’être humain dans nos sociétés ? Alors ces épisodes de ComicsDiscovery devrait vous plaire :
Le visage du Createur : https://jamesetfaye.fr/bd-challenger-le-visage-du-createur/
Hérétique : https://jamesetfaye.fr/heretique-charlie-adlard-comicsdiscovery-s10e15/
Silent Jenny : https://jamesetfaye.fr/silent-jenny-matthieu-bablet-comicsdiscovery-s10e05/
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Et si un sociopathe pouvait figer le temps ? | ComicsDiscovery S10E27 - Stand Still

Et si le pire des sociopathes avait le pouvoir d’arrêter le temps ?

C’est le concept de Stand Still, le comics de Lee Loughridge, Andrew Robinson et Alex Riegel publié chez Delcourt. Un titre qui se démarque immédiatement grâce à son format horizontal original, mais qui peine malheureusement à transformer son excellente idée de départ en grand récit de science-fiction.

Un comics atypique pour accompagner le retour de ComicsDiscovery après plusieurs semaines de pause.

Stand Still : Quand le temps devient une arme

Et si la technologie la plus révolutionnaire du monde tombait entre les mains de l’homme le plus dangereux qui soit ?

C’est le point de départ de Stand Still, un comics publié chez Image Comics puis édité en France par Delcourt. L’histoire suit Ryker Ruel, détenteur d’un prototype capable de figer le temps. Très vite, Ryker Ruel utilise ce pouvoir pour régler ses comptes personnels dans une spirale de violence incontrôlable.

Face à lui, Colin, ancien ami de Ryker Ruel et créateur de cette technologie, tente d’empêcher une catastrophe qu’il ne contrôle déjà plus.

Avec un tel concept, Stand Still avait tout pour devenir un thriller de science-fiction marquant. Et sur plusieurs aspects, le comics réussit effectivement à sortir du lot.

Un comics qui mise tout sur sa forme

La première chose qui saute aux yeux avec Stand Still, c’est son format paysage. Ce choix reste rare dans le comics américain moderne. Pourtant, il apporte ici une véritable identité visuelle au projet.

Grâce à cette lecture horizontale, les scènes d’action gagnent en intensité. Le découpage donne parfois l’impression de regarder un storyboard de film. Certaines doubles pages utilisent intelligemment l’espace pour renforcer les mouvements et la tension.

De plus, ce format permet au comics Stand Still de se démarquer immédiatement des autres productions Image Comics.

Cependant, cette originalité visuelle ne suffit pas toujours à compenser les faiblesses du scénario.

Lee Loughridge réussit-il son premier scénario ?

Avant Stand Still, Lee Loughridge travaillait surtout comme coloriste. Avec ce comics, il signe son premier scénario complet.

Malheureusement, malgré une excellente idée de départ, l’écriture peine souvent à convaincre.

Le récit accumule plusieurs problèmes de cohérence. Certains personnages prennent des décisions peu crédibles. En parallèle, plusieurs pistes narratives semblent abandonnées en cours de route. Enfin, certaines scènes cherchent à créer du mystère, mais donnent surtout l’impression que le scénario hésite sur sa direction.

Pourtant, Stand Still reste divertissant. Le comics conserve un bon rythme et propose plusieurs séquences efficaces. Mais le récit manque de profondeur pour exploiter pleinement son concept.

Deux dessinateurs pour deux visions

Visuellement, Stand Still repose sur le travail de Andrew Robinson et d’Alex Riegel.

Andrew Robinson dessine la première partie du comics. Et clairement, il livre les meilleures pages de l’album. Sa mise en scène exploite parfaitement le format horizontal. Certaines séquences jouent intelligemment avec l’espace et donnent une vraie sensation de temps suspendu.

Ensuite, Alex Riegel reprend le dessin dans la seconde moitié du récit. Et malheureusement, la transition casse une partie du rythme installé jusque-là.

Le découpage devient plus classique. Pire encore, certaines lectures verticales viennent contredire l’identité horizontale du comics. Le contraste entre les deux artistes devient alors difficile à ignorer.

Au final, cette différence graphique renforce l’impression d’irrégularité qui traverse tout Stand Still.

Faut-il lire Stand Still ?

Stand Still impressionne davantage par sa forme que par son histoire.

Le comics propose une identité visuelle forte, un format original et plusieurs idées de mise en scène très réussies. Andrew Robinson livre notamment certaines des meilleures pages du titre.

En revanche, le scénario de Lee Loughridge peine à maintenir le même niveau de qualité sur la durée. Le récit manque parfois de cohérence et n’exploite jamais totalement son excellent concept de départ.

Au final, Stand Still reste une lecture originale et visuellement marquante. Un comics frustrant par moments, mais suffisamment atypique pour mériter le détour.

Envie d’aller plus loin ?

Nous vous recommandons également ces autres comics publiés chez Image Comics et déjà abordés dans ComicsDiscovery :
The Rocketfellers : https://comicsdiscovery.lepodcast.fr/the-rocketfellers-des-vacances-dans-le-temps-en-famille-comicsdiscovery-s10e24
Aucune Tombe Assez Profonde : https://comicsdiscovery.lepodcast.fr/aucune-tombe-assez-profonde-comicsdiscovery-s09e19
The GodDamned : https://comicsdiscovery.lepodcast.fr/comicsdiscovery-s01e32-the-goddamned

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Merci beaucoup à Cecil pour l'écriture de l'article.

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Le bijou post-apo du label 619 | ComicsDiscovery S10E26 : Asphalte Sauvage

Dans ce nouvel épisode de ComicsDiscovery, nous recevons Anne Masse, auteur d’Asphalte Sauvage, un récit post-apocalyptique marquant publié au Label 619 chez Rue de Sèvres. Avec cet album, il propose une vision brute et sensible d’un monde en ruine, portée par une narration immersive et un univers graphique fort.

Dans cet épisode, nous revenons avec lui sur la genèse du projet, ses influences et sa manière d’aborder le post-apo en bande dessinée. L’objectif est clair : comprendre ce qui fait la singularité d’Asphalte Sauvage au sein du Label 619.

Asphalte Sauvage

Anne Masse, l’auteur pas la ville

Avant Asphalte Sauvage, Anne Masse se fait connaître grâce à plusieurs séries publiées sur WEBTOON. Parmi elles, Les Vampires Anonymes, Sublime Misère et Extra-Coloc, qui cumulent des centaines de milliers, voire des millions de lectures. Grâce à ces projets, il développe un sens du rythme très efficace, typique de la narration verticale, ainsi qu’une écriture centrée sur les relations humaines.

Parallèlement, il travaille dans plusieurs domaines de l’image, notamment le jeu vidéo, l’animation et le design. Ces expériences nourrissent directement sa mise en scène et son approche visuelle. Il collabore aussi avec le Label 619 comme coloriste, notamment sur des projets liés à Tank Girl. Cette étape marque son entrée progressive dans cet univers éditorial.

Avec Asphalte Sauvage, il passe un cap. Il livre un récit long, personnel et maîtrisé, qui synthétise ses influences. Dans notre interview, il revient sur ce parcours, ses inspirations et les étapes qui l’ont mené à cet album.

Du McCarthy mais en BD

Dans Asphalte Sauvage, Anne Masse nous plonge dans un monde post-apocalyptique où les repères ont disparu. Nous suivons Vlada, une survivante qui erre après la perte de son groupe. Elle avance sans direction claire, jusqu’à croiser Pouic, un solitaire atypique fasciné par les vestiges du monde d’avant.

Dès lors, le récit devient un voyage à travers des paysages désertiques et des ruines chargées de mémoire. Pourtant, l’enjeu principal ne réside pas dans la survie. Ce qui compte, c’est la relation entre les deux personnages. D’abord méfiants, ils apprennent peu à peu à se comprendre. Leur duo évolue au fil du chemin, chacun confronté à la vision du monde de l’autre.

Ainsi, le post-apo sert surtout de décor. L’histoire se concentre sur l’humain : la solitude, le deuil et la reconstruction. Le récit prend son temps et privilégie l’émotion à l’action.

Le symbolisme du jaune ou pas

De notre côté, la lecture d’Asphalte Sauvage a été une vraie claque. Nous avons été happés par son style graphique, à la fois brut et sensible. On sent un retour assumé au dessin traditionnel, ainsi qu’un travail minutieux sur chaque planche. Cette exigence donne une forte identité à l’album et renforce l’immersion.

Mais ce qui nous a surtout marqués, ce sont ses personnages. À la fois attachants et souvent drôles, ils installent d’abord une dynamique légère. Pourtant, le récit gagne rapidement en profondeur. Derrière cette apparente simplicité, l’histoire aborde des thèmes forts : la solitude, le lien aux autres et la manière de continuer à avancer. Progressivement, l’émotion s’impose et finit par toucher juste.

Enfin, discuter avec Anne Masse a été un vrai plaisir. Nous espérons que cette énergie se ressent à l’écoute et que vous percevrez à quel point l’échange a été riche et passionnant.

Pour aller plus loin

Si vous aussi, comme nous, vous êtes des fans du Label 619, des vrais Label619Zouzes, alors on vous recommande de découvrir ou redécouvrir ces épisodes de ComicsDiscovery consacrés à d’autres titres marquants du label :

Silent Jenny de Mathieu Bablet
https://jamesetfaye.fr/silent-jenny-matthieu-bablet-comicsdiscovery-s10e05/

Shin Zero de Guillaume Singelin et Mathieu Bablet
https://jamesetfaye.fr/comicsdiscovery-s09e18-shin-zero/

Frontier de Guillaume Singelin
https://jamesetfaye.fr/bddiscovery-s01e01-frontier/

Autant d’épisodes pour prolonger l’exploration du Label 619 et découvrir des œuvres qui repoussent, chacune à leur manière, les limites de la bande dessinée contemporaine.

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Quand un immortel devient le temps | Resurrection Man – ComicsDiscovery : S10E25

Dans ce nouvel épisode de ComicsDiscovery, on revient sur Resurrection Man, la nouvelle série signée Ram V et Anand RK, publiée chez Urban Comics. Le personnage, assez atypique dans l’univers DC, revient à la vie après chaque mort avec de nouveaux pouvoirs. Ici, les auteurs proposent une version plus sombre sous le label DC Black Label.

En parallèle, l’épisode met aussi en avant la scène indépendante. On accueille Cloé Peche, venue présenter son projet de bande dessinée Cerise Noire, actuellement en financement participatif sur Ulule. Une discussion qui fait le lien entre comics mainstream et création indépendante, fidèle à l’ADN de ComicsDiscovery.

Resurrection Man

De la pêche à la cerise

On commence avec notre invitée Cloé Peche, qui nous parle de Cerise Noire. L’histoire se déroule à l’Académie de Bellune et suit des jumeaux pris dans un jeu d’identité, où l’un prend la place de l’autre. Le point de départ est solide. Le projet s’inscrit dans une série prévue sur plusieurs tomes, avec une approche proche du manga en couleur.

Ensuite, elle revient sur son parcours. Elle a étudié le dessin à Chambéry avec Matthieu Bablet, avant de travailler comme coloriste sur plusieurs planches de Silent Jenny, un titre qu’on évoque aussi dans l’émission. Cet échange met en lumière un métier essentiel de la bande dessinée, encore trop peu abordé. Pour découvrir le projet et le soutenir : https://fr.ulule.com/cerise-noire-tome-1/

Ram V et Anand RK, un duo d’auteurs à part

Côté comics, on enchaîne avec Resurrection Man. C’est l’occasion de reparler de Ram V, un auteur qu’on a déjà croisé plusieurs fois dans ComicsDiscovery, notamment avec Le Dernier Festin de Rubin ou encore son passage sur Swamp Thing. Depuis quelques années, il s’impose comme une voix forte du comics contemporain. Il navigue entre indé et mainstream tout en gardant une identité marquée.

Par ailleurs, ses origines indiennes nourrissent son écriture. Cela se ressent dans les thèmes, les ambiances ou certaines constructions narratives. Rien de forcé, mais une vraie couleur qui apporte quelque chose de différent dans le paysage comics.

De son côté, Anand RK confirme ce qu’on avait déjà vu sur Blue in Green. Son style reste immédiatement reconnaissable. Il propose des planches organiques, parfois expérimentales, qui accompagnent parfaitement l’écriture de Ram V. Ensemble, ils cherchent clairement à sortir des codes classiques du super-héros.

Un personnage culte mais discret

Avant cette version, Resurrection Man restait un personnage à part dans l’univers DC. Créé dans les années 90 par Dan Abnett et Andy Lanning, Mitch Shelley revient à la vie après chaque mort, avec un nouveau pouvoir à chaque fois. Ce concept permet de varier les histoires, les tons et même les genres.

Cependant, malgré cette idée forte, le personnage n’a jamais vraiment trouvé sa place sur la durée. Il apparaît de manière ponctuelle, notamment pendant les New 52, sans s’imposer durablement. Ce statut laisse aujourd’hui plus de liberté aux auteurs pour proposer leur propre vision.

Une relecture ambitieuse mais clivante

Avec Resurrection Man, Ram V et Anand RK prennent une direction très ambitieuse. Ils s’éloignent du récit de super-héros classique pour proposer quelque chose de plus conceptuel. La narration éclate la chronologie, multiplie les allers-retours et aborde des thèmes comme la mort, l’amour ou la mémoire.

Cependant, de notre côté, ça ne fonctionne pas vraiment. À force d’accumuler les idées, le récit devient chargé. La lecture se complique et l’implication émotionnelle reste limitée. On a davantage l’impression de suivre une démonstration qu’une histoire qui nous embarque.

En revanche, le travail de Anand RK sort clairement du lot. Sa mise en page se libère des codes classiques et propose une vraie recherche visuelle. C’est lui qui donne au titre son identité. Par moments, il réussit même à capter notre attention là où le récit décroche.

Envie d’aller plus loin ?

Vous voulez en découvrir plus sur l’univers de Ram V ? On a déjà consacré plusieurs épisodes de ComicsDiscovery à ses œuvres :

On se retrouve très vite pour découvrir d’autres bande dessinée et nos prochains avis.

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