Et si le pire des sociopathes avait le pouvoir d’arrêter le temps ?

C’est le concept de Stand Still, le comics de Lee Loughridge, Andrew Robinson et Alex Riegel publié chez Delcourt. Un titre qui se démarque immédiatement grâce à son format horizontal original, mais qui peine malheureusement à transformer son excellente idée de départ en grand récit de science-fiction.

Un comics atypique pour accompagner le retour de ComicsDiscovery après plusieurs semaines de pause.

Stand Still : Quand le temps devient une arme

Et si la technologie la plus révolutionnaire du monde tombait entre les mains de l’homme le plus dangereux qui soit ?

C’est le point de départ de Stand Still, un comics publié chez Image Comics puis édité en France par Delcourt. L’histoire suit Ryker Ruel, détenteur d’un prototype capable de figer le temps. Très vite, Ryker Ruel utilise ce pouvoir pour régler ses comptes personnels dans une spirale de violence incontrôlable.

Face à lui, Colin, ancien ami de Ryker Ruel et créateur de cette technologie, tente d’empêcher une catastrophe qu’il ne contrôle déjà plus.

Avec un tel concept, Stand Still avait tout pour devenir un thriller de science-fiction marquant. Et sur plusieurs aspects, le comics réussit effectivement à sortir du lot.

Un comics qui mise tout sur sa forme

La première chose qui saute aux yeux avec Stand Still, c’est son format paysage. Ce choix reste rare dans le comics américain moderne. Pourtant, il apporte ici une véritable identité visuelle au projet.

Grâce à cette lecture horizontale, les scènes d’action gagnent en intensité. Le découpage donne parfois l’impression de regarder un storyboard de film. Certaines doubles pages utilisent intelligemment l’espace pour renforcer les mouvements et la tension.

De plus, ce format permet au comics Stand Still de se démarquer immédiatement des autres productions Image Comics.

Cependant, cette originalité visuelle ne suffit pas toujours à compenser les faiblesses du scénario.

Lee Loughridge réussit-il son premier scénario ?

Avant Stand Still, Lee Loughridge travaillait surtout comme coloriste. Avec ce comics, il signe son premier scénario complet.

Malheureusement, malgré une excellente idée de départ, l’écriture peine souvent à convaincre.

Le récit accumule plusieurs problèmes de cohérence. Certains personnages prennent des décisions peu crédibles. En parallèle, plusieurs pistes narratives semblent abandonnées en cours de route. Enfin, certaines scènes cherchent à créer du mystère, mais donnent surtout l’impression que le scénario hésite sur sa direction.

Pourtant, Stand Still reste divertissant. Le comics conserve un bon rythme et propose plusieurs séquences efficaces. Mais le récit manque de profondeur pour exploiter pleinement son concept.

Deux dessinateurs pour deux visions

Visuellement, Stand Still repose sur le travail de Andrew Robinson et d’Alex Riegel.

Andrew Robinson dessine la première partie du comics. Et clairement, il livre les meilleures pages de l’album. Sa mise en scène exploite parfaitement le format horizontal. Certaines séquences jouent intelligemment avec l’espace et donnent une vraie sensation de temps suspendu.

Ensuite, Alex Riegel reprend le dessin dans la seconde moitié du récit. Et malheureusement, la transition casse une partie du rythme installé jusque-là.

Le découpage devient plus classique. Pire encore, certaines lectures verticales viennent contredire l’identité horizontale du comics. Le contraste entre les deux artistes devient alors difficile à ignorer.

Au final, cette différence graphique renforce l’impression d’irrégularité qui traverse tout Stand Still.

Faut-il lire Stand Still ?

Stand Still impressionne davantage par sa forme que par son histoire.

Le comics propose une identité visuelle forte, un format original et plusieurs idées de mise en scène très réussies. Andrew Robinson livre notamment certaines des meilleures pages du titre.

En revanche, le scénario de Lee Loughridge peine à maintenir le même niveau de qualité sur la durée. Le récit manque parfois de cohérence et n’exploite jamais totalement son excellent concept de départ.

Au final, Stand Still reste une lecture originale et visuellement marquante. Un comics frustrant par moments, mais suffisamment atypique pour mériter le détour.

Envie d’aller plus loin ?

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On se retrouve très vite pour découvrir d’autres bande dessinée et nos prochains avis.

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Merci beaucoup à Cecil pour l'écriture de l'article.